Faire le pont entre le Private Equity et la distribution d’assurance-vie
Deux univers financiers encore difficiles à connecter
Au cours de mon parcours dans le merchant banking chez Stanhope Capital, puis à la tête de Caravel Consulting, j’ai accompagné des acteurs financiers sur des enjeux de stratégie et de création de valeur. Parmi eux, des fonds de Private Equity comme Actis ou IK Partners, qui souhaitaient développer leur distribution auprès d’investisseurs privés.
Ces expériences m’ont confronté à un décalage récurrent : des stratégies d’investissement et de distribution convaincantes sur le papier, mais difficiles à mettre en œuvre dans les infrastructures financières existantes.
L’assurance-vie illustre particulièrement bien ce problème. Elle constitue un véhicule d’épargne important pour les investisseurs français, mais ses contraintes opérationnelles peuvent compliquer l’accès à certaines classes d’actifs, notamment aux marchés privés.
Les contraintes opérationnelles de l’investissement non coté
Les fonds de Private Equity présentent des caractéristiques qui les distinguent des actifs cotés : liquidité limitée, valorisations moins fréquentes, appels de fonds éventuels et horizons d’investissement longs.
Leur intégration dans un contrat d’assurance-vie suppose donc de gérer des opérations spécifiques et de coordonner plusieurs intervenants : sociétés de gestion, assureurs, dépositaires et distributeurs.
Or, certains systèmes historiques d’assurance reposent sur des processus fragmentés, des échanges de fichiers et des traitements manuels. Pour les conseillers en gestion de patrimoine et les banques privées, cette organisation peut limiter la visibilité sur les opérations et allonger les délais de traitement.
Le problème ne vient pas uniquement des produits financiers disponibles. Il concerne aussi la capacité de l’infrastructure assurantielle à les administrer efficacement.
Une architecture ouverte pour rapprocher fonds et distributeurs
Pour répondre à ces difficultés, trois dimensions me semblent essentielles.
La transparence, d’abord, sur les frais, les conditions d’investissement et les éventuelles rémunérations des intermédiaires. Elle permet aux distributeurs de mieux comprendre les solutions proposées et d’exercer leur rôle de conseil, tout en luttant contre les conflits d’intérêts et les rétrocommissions cachées.
L’ouverture de l’architecture d’investissement, ensuite, pour permettre l’intégration de différentes classes d’actifs sans dépendre exclusivement d’une offre propriétaire. Cette approche permet ainsi d’accéder aux meilleurs fonds de Private Equity avec facilité.
L’interopérabilité technique, enfin, pour faciliter la circulation des informations entre les systèmes des assureurs, des sociétés de gestion et des distributeurs. Le Core Insurance System API-native que nous développons chez Quarzo Life permet de faciliter l’intégration des solutions d’assurance-vie dans les environnements existants des partenaires, sans leur imposer de reconstruire leurs parcours.
Un rôle complémentaire dans la chaîne de valeur
Les sociétés de gestion apportent leur expertise d’investissement. Les distributeurs connaissent les besoins de leurs clients et entretiennent avec eux une relation de confiance. L’assureur assure, pour sa part, les fonctions contractuelles, opérationnelles et réglementaires indispensables.
Avec Ferréol Robert, mon cofondateur, nous cherchons à moderniser l’infrastructure qui relie ces différents acteurs, avec un Core Insurance System qui donne aux partenaires de distribution les moyens de proposer du Private Equity à leurs clients avec une simplicité inédite.
Je suis convaincu que l’avenir de la distribution du Private Equity en assurance-vie dépendra autant de la qualité des solutions d’investissement que de la capacité des systèmes à les rendre accessibles et administrables dans de bonnes conditions.