De l’enseignement à la pratique : comment le VBA m’a appris à rapprocher finance et technologie
Une passerelle entre deux métiers
Lors de mon expérience d’enseignement chez First Finance, j’ai formé des professionnels des marchés financiers à l’utilisation du VBA, un langage qui permet notamment d’automatiser des calculs dans Excel. Cette expérience m’a confronté à une difficulté que j’ai retrouvée dans plusieurs environnements professionnels : traduire avec précision un besoin financier en outil informatique.
Un professionnel de la finance sait souvent exactement ce qu’il veut mesurer ou modéliser. Une équipe informatique maîtrise les méthodes de développement, la sécurité et la maintenance. Mais entre l’expression du besoin et sa réalisation technique, les échanges peuvent être longs, et certaines nuances métier difficiles à formaliser. En enseignant le VBA, j’ai pu montrer à des professionnels comment expérimenter eux-mêmes des modèles, tester des hypothèses et dialoguer plus directement avec les équipes techniques.
Ma formation d’ingénieur à l’INPG ENSIMAG, complétée par le Master 203 de Paris Dauphine, m’a aidé à appréhender ces deux univers et à orienter mes efforts vers la création d’un langage commun entre ceux qui conçoivent les opérations et ceux qui construisent les systèmes.
De la modélisation aux contraintes de production
Dans mon parcours en gestion d’actifs, notamment chez AD Gestion (groupe OFI Invest), j’ai retrouvé cette articulation entre raisonnement financier, données et automatisation. J’ai pu y développer des fonds de gestion alternative en m’appuyant sur ma double expérience d’ingénieur et de trader pour concevoir des stratégies quantitatives puis les coder moi-même pour en automatiser l’exécution. Cette expérience m’a démontré qu’un outil peut aider à expérimenter rapidement une idée, à automatiser une série de calculs ou à mieux contrôler une opération. Mais un prototype, même utile, n’est pas à lui seul une infrastructure de production.
J’ai ensuite été confronté, chez BPCE Assurances, à d’autres exigences : continuité des opérations, traçabilité, gouvernance des données, contrôle et coordination entre équipes. J’ai pu y observer qu’à une échelle plus large, la qualité d’un système ne dépend pas seulement de la justesse d’un calcul. Elle tient aussi à la robustesse du processus complet, à la capacité de documenter les opérations et à la facilité avec laquelle plusieurs applications peuvent communiquer. Comme directeur des opérations, j’ai ainsi rapidement compris que les problèmes que nous rencontrions ne venaient pas de la compétence des équipes, mais de l’architecture du système de gestion.
Le prolongement de cette expérience chez Quarzo Life
Cette continuité entre les besoins métiers et les choix d’architecture guide aujourd’hui mon travail chez Quarzo Life, que j’ai cofondée avec Alexandre Peisse. Nous développons un Core Insurance System, pensé dès l’origine pour les opérations d’assurance-vie et pour l’intégration avec les environnements numériques des distributeurs.
L’approche API-native vise à faciliter les échanges entre les outils des partenaires et l’infrastructure d’assurance. Elle s’inscrit dans les principes d’Interoperability-by-design, garantissant que les distributeurs de gestion de patrimoine intègrent nos services directement dans leurs propres systèmes, et de transparence, permettant la traçabilité et l’auditabilité des opérations.
De la formation au VBA à la conception d’une infrastructure d’assurance-vie, les outils et les échelles ont changé. L’idée qui me guide reste proche : partir d’un besoin financier concret, comprendre ses contraintes et concevoir la solution technique qui peut y répondre de manière fiable.